Faut-il bien parler la langue source pour bien traduire ?

Un professionnel de la traduction, est-il obligé de parler sa langue de travail comme un natif ? Voici une question qui peut, d’emblée, paraître un peu infondée, vide de sens et d’intérêt, une question à laquelle on aurait tout simplement envie de répondre « oui ».

Nous allons essayer d’y répondre.

Faut-il bien parler la langue pour bien traduire ?

En tant que professionnels des langues, connaisseurs de la linguistique et éplucheurs des grammaires, nous nous devons de maîtriser à la perfection notre langue, notre outil de travail. Mais un traducteur, à la différence d’un interprète, ne communique pas oralement. C’est un fait. Un traducteur passe ses journées devant un écran d’ordinateur à taper des mots, à écrire, à consulter des dictionnaires et autres outils linguistiques. Parfois même, un traducteur peut passer sa journée sans voir personne, sans parler. Oui, oui. C’est véridique.

La traduction est un métier à part entière, ce n’est pas parce que l’on maîtrise deux, trois ou quatre langues que l’on peut s’improviser traducteur. Traduire n’est pas un loisir. Être traducteur, c’est avoir une formation spécifique et beaucoup d’entraînement. Un traducteur doit faire face à des jeux de mots, effectuer de multiples recherches, il doit donc savoir se servir d’outils informatiques, maîtriser aussi la recherche terminologique, etc. Un traducteur va aussi bien parler d’automobile que de cosmétiques.

Ce traducteur qui sait très bien manier l’ensemble des outils informatiques, qui jongle entre un dictionnaire et un autre, qui connaît les règles de la terminologie, peut tout à fait n’avoir vécu que deux petites années dans le pays où l’on parle sa langue de travail. Ce traducteur est susceptible d’avoir un léger ou fort accent quand il parle la langue. Mais, on ne lui demande pas de parler, n’est-ce pas ? Certaines personnes auront tendance à vouloir « comparer » avec le voisin qui a vécu huit ans en Australie et qui va sans doute avoir un accent anglais plus perfectionné mais, par contre, ne possédera pas les connaissances nécessaires pour traduire.

Très bien parler une langue et avoir une parfaite maîtrise de la langue orale ne font pas un bon traducteur. Non. Être bilingue ne signifie pas être traducteur. Des personnes bilingues ou multilingues peuvent très bien être traducteurs, de par leur parcours professionnel ou parce qu’ils ont fait des études de traduction. Tous les bilingues ne pourront pas être traducteurs, des vrais, des bons, des professionnels.

La langue écrite comme outil de travail

Il est évident que le principal outil d’un traducteur est la langue. L’accent n’est donc qu’un complément à cet outil, un complément sur lequel un traducteur ne doit jamais être jugé. Un traducteur ne sera pas rémunéré en fonction de son accent, de son intonation, de sa phonétique. Rappelons, tout de même, que ne pas avoir un bon accent ne signifie pas ne pas posséder une excellente maîtrise de la grammaire, de la syntaxe et des connaissances sur la structure d’une langue, des éléments qui, eux, sont indispensables et non négociables dans notre métier.

Crédit Photo : Freepick.com

Déposer un commentaire

  • (ne sera pas publié)