Différences entre traducteurs et interprètes

La traduction et l’interprétation sont deux professions différentes. Deux professionnels qui, souvent sortis de la même école, ne consacrent pas leurs journées au même type de métier. Le grand public a souvent l’habitude d’appeler « traducteur » un interprète ou, alors, on dit de l’interprète qu’il est un « traducteur oral ».

Différences entre traducteurs et interprètes

Voici les principales différences

Le traducteur travaille devant un texte fini, un texte définitif qu’un auteur, un éditeur, une entreprise, une agence, lui a fait parvenir. Habituellement, le traducteur aura peu de chances de communiquer avec l’auteur dudit texte. Bien que la tendance générale soit de travailler dans l’urgence, le traducteur, à la différence de l’interprète, a tout le temps devant lui. Le temps de retravailler son texte. Le temps de laisser poser sa traduction. Le traducteur peut aussi comparer sa traduction à d’autres traductions déjà existantes du même texte source. Il peut, même, consulter un collègue ou un expert en la matière si jamais il pense ne pas avoir tout à fait compris le sens d’un mot, d’une phrase, d’une expression.

Dans la plupart des cas, la qualité d’une traduction va dépendre uniquement du professionnalisme du traducteur, de sa rigueur et de son envie de bien faire.

Un interprète ne travaille pas du tout de cette façon-là. Les méthodes de travail sont complètement différentes. Le résultat apporté par l’interprète dans sa langue cible va aussi dépendre de celui qui parle, celui qui est à l’origine du discours oral. Qu’il s’agisse d’une interprétation simultanée, consécutive ou de liaison, l’interprète ne saura jamais tout (pas à l’avance, en tout cas) sur le sujet à traiter. L’interprète a des indices : une thématique, un résumé, les plus chanceux réussiront à obtenir un glossaire ou un petit document. Mais généralement, il est très difficile d’avoir au préalable les documents et autres informations pouvant aider le travail de l’interprète.

L’une des grandes différences entre le traducteur et l’interprète est le manque de temps de ce dernier. L’interprète a rarement le temps : le temps de réfléchir ou le temps de se rattraper, surtout quand il s’agit d’interprétation simultanée.

Caractères distincts

Il est évident que le traducteur et l’interprète doivent bien manier la langue. Mais quels devraient être les principaux traits de caractère de l’un et de l’autre ?

Un bon traducteur doit faire preuve de patience, de persévérance, de discipline et de rigueur.

Un bon interprète doit être réactif, spontané (pour trouver une alternative à ce mot qui lui échappe) et être capable de travailler à fond pendant un temps déterminé.

Les différences sont multiples mais en guise de conclusion, nous pouvons affirmer que traducteurs et interprètes travaillent pour la même cause : la communication entre les peuples.

Crédit photo : Par BiiJii (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Faut-il bien parler la langue source pour bien traduire ?

Un professionnel de la traduction, est-il obligé de parler sa langue de travail comme un natif ? Voici une question qui peut, d’emblée, paraître un peu infondée, vide de sens et d’intérêt, une question à laquelle on aurait tout simplement envie de répondre « oui ».

Nous allons essayer d’y répondre.

Faut-il bien parler la langue pour bien traduire ?

En tant que professionnels des langues, connaisseurs de la linguistique et éplucheurs des grammaires, nous nous devons de maîtriser à la perfection notre langue, notre outil de travail. Mais un traducteur, à la différence d’un interprète, ne communique pas oralement. C’est un fait. Un traducteur passe ses journées devant un écran d’ordinateur à taper des mots, à écrire, à consulter des dictionnaires et autres outils linguistiques. Parfois même, un traducteur peut passer sa journée sans voir personne, sans parler. Oui, oui. C’est véridique.

La traduction est un métier à part entière, ce n’est pas parce que l’on maîtrise deux, trois ou quatre langues que l’on peut s’improviser traducteur. Traduire n’est pas un loisir. Être traducteur, c’est avoir une formation spécifique et beaucoup d’entraînement. Un traducteur doit faire face à des jeux de mots, effectuer de multiples recherches, il doit donc savoir se servir d’outils informatiques, maîtriser aussi la recherche terminologique, etc. Un traducteur va aussi bien parler d’automobile que de cosmétiques.

Ce traducteur qui sait très bien manier l’ensemble des outils informatiques, qui jongle entre un dictionnaire et un autre, qui connaît les règles de la terminologie, peut tout à fait n’avoir vécu que deux petites années dans le pays où l’on parle sa langue de travail. Ce traducteur est susceptible d’avoir un léger ou fort accent quand il parle la langue. Mais, on ne lui demande pas de parler, n’est-ce pas ? Certaines personnes auront tendance à vouloir « comparer » avec le voisin qui a vécu huit ans en Australie et qui va sans doute avoir un accent anglais plus perfectionné mais, par contre, ne possédera pas les connaissances nécessaires pour traduire.

Très bien parler une langue et avoir une parfaite maîtrise de la langue orale ne font pas un bon traducteur. Non. Être bilingue ne signifie pas être traducteur. Des personnes bilingues ou multilingues peuvent très bien être traducteurs, de par leur parcours professionnel ou parce qu’ils ont fait des études de traduction. Tous les bilingues ne pourront pas être traducteurs, des vrais, des bons, des professionnels.

La langue écrite comme outil de travail

Il est évident que le principal outil d’un traducteur est la langue. L’accent n’est donc qu’un complément à cet outil, un complément sur lequel un traducteur ne doit jamais être jugé. Un traducteur ne sera pas rémunéré en fonction de son accent, de son intonation, de sa phonétique. Rappelons, tout de même, que ne pas avoir un bon accent ne signifie pas ne pas posséder une excellente maîtrise de la grammaire, de la syntaxe et des connaissances sur la structure d’une langue, des éléments qui, eux, sont indispensables et non négociables dans notre métier.

Crédit Photo : Freepick.com

Les traducteurs à l’ère d’Internet

Exit l’image des traducteurs enfermés dans une espèce de tour d’ivoire, entourés de livres et autres ustensiles dignes des rats de bibliothèque. En 2015, l’image que les gens se font des traducteurs s’apparente plus à celle de quelqu’un qui aime les nouvelles technologies, de quelqu’un qui sait « bidouiller » des logiciels les uns plus performants que les autres, bref, des gens qui connaissent presque tout de tous les recoins d’Internet.

Les traducteurs à l'ère d'Internet

Mais quelle est, en vraie, la réalité de la traduction et des traducteurs ?

La réalité, comme la vie elle-même, est riche et variée. Traducteurs il y en a de toutes sortes, tant comme il existe des traductions :

– Des traducteurs qui travaillent pour des clients directs ;
– Des traducteurs qui passent par des agences (comme Idea Traduction) ;
– Des traducteurs qui ne font que du littéraire (qui travaillent donc en droits d’auteur) ;
– D’autres traducteurs spécialistes du juridique ou du médical ;
– Des traducteurs qui travaillent à l’aide de logiciels de mémoires de traduction ou TAO (traducteurs aidée par ordinateur) ;
– D’autres traducteurs fidèles aux bons vieux dictionnaires (papier ou en ligne) ;
– (…)

Seulement, à l’ère du numérique, il y a sans doute un dénominateur commun entre tous ces traducteurs : ils ont dû s’adapter à l’évolution du marché suite à la montée en puissance du Web 2.0, depuis déjà une bonne dizaine d’années.

De nombreuses plateformes en ligne et agences ont fait leur apparition et leur nombre ne cesse de croître. Avec ce grand magasin qu’est Internet, il est facile d’avoir pignon sur rue. Les universités, écoles et facultés de traduction, quant à elles, sont aussi de plus en plus nombreuses et ce, que ce soit ici en France ou ailleurs partout dans le monde. La concurrence est rude et parfois on voit les prix dégringoler, des traductions à faire presque chronomètre en main et, parfois aussi, des clients qui demandent une traduction sans trop savoir en quoi consiste ce travail.

La mondialisation a sans doute joué en faveur des traducteurs puisque de plus en plus d’échanges commerciaux se font, les gens voyagent davantage, la demande en traduction est grande et grandissante.

C’est pourquoi tous ces facteurs (apparition de plateformes, nombre croissant de professionnels, mondialisation, etc.) nous font dire que les bons traducteurs, les vrais, les passionnés et techniciens à la fois, savent faire la part des choses et déceler, presque en un clin d’œil, par qui passer pour obtenir un bon client, pour faire un travail passionnant, pour rendre un travail rigoureux et satisfaisant. Bref, pour être un traducteur équilibré dans ce monde de l’Internet.

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